Pendant dix ans, j'ai essayé les écarteurs, les attelles, les semelles. Rien n'y faisait. Personne ne m'a dit que mon pied se déformait le jour.
Françoise M., 58 ans, secrétaire de mairie en Normandie. Dix ans d'hallux valgus « surveillé ». Trois écarteurs, une attelle de nuit, des semelles sur mesure — et une bosse qui a continué d'avancer quand même. Elle raconte la phrase d'un kinésithérapeute qui, en dix secondes, lui a fait comprendre ce qu'elle avait raté depuis le début.
Je vais commencer par la chose la plus bête. Ça n'a pas commencé par une douleur. Ça a commencé par une paire de chaussures.
Des escarpins bleu marine, achetés pour le mariage de ma nièce. Je les ai portés une fois. Le lendemain, j'avais une zone rouge sur le côté du gros orteil, une petite bosse chaude au toucher. J'ai mis un pansement. Je les ai rangés dans le placard.
Je ne les ai jamais ressortis.
Et pendant les dix années suivantes, j'ai fait exactement la même chose, sans jamais me rendre compte que je le faisais : à chaque fois que quelque chose faisait mal, je retirais la chose, pas le problème.
CHAPITRE 1Dix ans. C'est le temps que j'ai laissé passer.
Quand on me demande depuis quand j'ai « ça », je réponds quatre ou cinq ans. C'est faux. J'ai regardé les photos. La bosse est visible sur une photo de Noël 2015. À droite, surtout — c'est ce côté-là qui est parti le plus vite.
Ce qui s'est vraiment passé, c'est que j'ai renoncé à des choses une par une, tellement lentement que je ne l'ai pas vu.
- 1Les chaussuresD'abord les talons. Puis les chaussures fermées un peu étroites. Puis tout ce qui n'était pas large. À la fin, j'avais deux paires en rotation pour aller au bureau.
- 2Les fins de journéeUne mairie, ce n'est pas un bureau où on reste assis. Guichet, archives, salle du conseil. Vers 15 h, ça commençait à brûler sur le côté du pied.
- 3Les sorties« On se fait le marché dimanche ? » Je disais oui. Et je calculais le nombre de mètres depuis le parking.
- 4Les étésPlus de sandales. Plus de pieds nus à la piscine. Des baskets en juillet, avec des chaussettes.
- 5Le fait d'en parlerC'est celui-là le pire. J'avais fini par trouver ça honteux. Un pied moche. On n'en parle pas.
CHAPITRE 2Ce que j'ai acheté, et ce que ça a donné
Je n'ai pas rien fait. C'est ça qui me rend le plus en colère aujourd'hui. J'ai acheté, essayé, recommencé.
Le premier à 9 € en pharmacie, puis un « orthopédique » à 25 €. Je les mettais tous les soirs, pendant des années. Le matin, le pied avait l'air un peu mieux. À 11 h au bureau, c'était revenu.
Impossible à garder une nuit entière. Je la retrouvais au pied du lit. Et évidemment, pas question de marcher avec.
Utile pour le reste du pied, honnêtement. Mais ça ne s'occupe pas du gros orteil.
Du confort sur le moment. Zéro effet sur ce qui se passait dans l'articulation.
Deux médecins, à cinq ans d'écart, la même phrase. Et l'opération présentée comme la seule vraie option, plus tard.
Montants indicatifs, reconstitués de mémoire. Ils ne constituent pas une comparaison de prix.
Et pendant tout ce temps, j'avais une conviction que je n'ai jamais remise en question : je m'occupais de mon pied.
CHAPITRE 3La phrase qui m'a fait tout comprendre
C'est un kinésithérapeute qui me l'a dite. J'étais allée le voir pour un genou, pas pour mon pied. Il m'a regardée marcher pieds nus dans le couloir.
« Votre écarteur, vous le portez combien d'heures par jour ? — La nuit. — Donc vous corrigez votre pied exactement pendant les heures où il ne se déforme pas. »
Martin Voss, kinésithérapeute.Je suis restée bête. Je n'avais jamais pensé à ça une seule seconde en dix ans.
Il a pris le temps de m'expliquer. Je le redis avec mes mots, ce ne sont pas ceux d'un médecin.
Un hallux valgus, ce n'est pas une bosse qui pousse. C'est un gros orteil qui part vers les autres, et une articulation qui, à chaque pas, encaisse le poids du corps de travers. Chaque appui pousse un peu plus dans le mauvais sens. C'est pour ça que ça avance d'année en année.
Quand vous êtes allongée, pieds nus, sans appui : il ne se passe rien. C'est le moment le plus calme de la journée pour votre avant-pied.
Et c'est exactement le moment que j'avais choisi pour mettre mon écarteur.
CHAPITRE 4Alors j'ai posé la seule question qui comptait : quand est-ce que ça travaille ?
J'ai fait le calcul sur une journée normale. Pas une journée théorique : un mardi de travail.
Une journée de Françoise — 24 heures
Sur combien d'heures la correction est-elle réellement en place ?
Quand j'ai vu ça écrit comme ça, j'ai eu l'impression qu'on m'avait fait perdre dix ans. Pas par méchanceté. Juste parce que personne ne me l'avait posé dans cet ordre-là.
CHAPITRE 5Ce que j'utilise maintenant, et ça tient dans deux minutes
C'est une bande correctrice élastique, pré-découpée à la forme du pied. On la colle le matin sur peau propre et sèche : une ancre sur l'avant du pied, la languette qui remonte le long du gros orteil, on applique la tension, on frotte pour activer la colle.
Puis on met sa chaussette. Puis sa chaussure. Et on part travailler.
La tension de la bande ramène le gros orteil vers l'extérieur au lieu de le laisser partir vers les autres — et elle le fait à chaque pas, pas seulement au repos.
Elle réduit la pression concentrée sur la bosse, celle qui frotte dans la chaussure et qui pousse un peu plus loin à chaque appui.
Fine, souple, elle tient 3 à 5 jours sans se décoller — douche comprise. C'est tout l'intérêt : elle est là quand vous marchez.
Il a réglé la traction : dans quel sens tirer, et avec quelle force. Trop peu, la bande ne fait rien. Trop, elle irrite et on la retire au bout de deux jours.Une bande qu'on n'arrive pas à garder ne sert à rien, même si elle est bien posée.
Elle a réglé la forme : la largeur de l'ancre, la longueur de la languette, et le fait que ça tienne aussi sur un pied large ou un orteil court — les deux cas où les bandes vendues au mètre lâchent au bout d'une journée.Ce dont l'orteil a besoin, ce n'est pas d'une protection : c'est d'un soutien ciblé au niveau de l'articulation.
L'autre chose que j'ai appréciée, bêtement : il y a une version couleur peau. Je sais que ça peut paraître futile. Quand vous avez arrêté de montrer vos pieds depuis dix ans, ça ne l'est pas.
CHAPITRE 6Ce que ça a changé, et ce que ça n'a pas fait
Je vais être précise, parce que c'est ce qu'on aurait dû me dire à moi
Ma bosse n'a pas disparu. Ce n'est pas une opération, et je ne vais pas vous raconter d'histoires : dix ans de déformation ne se rangent pas avec un morceau de tissu.
Mais voilà ce que je peux dire, et c'est ce qui compte le plus pour moi : depuis deux ans, elle n'a pas bougé. Pour la première fois en dix ans, mon pied n'a pas continué à partir. C'est ça que j'attendais — que ça s'arrête.
Et il y a eu un peu plus. Ma fille, qui ne m'avait pas vue pieds nus depuis l'été d'avant, m'a dit que l'orteil était « plus droit ». Je ne l'aurais pas remarqué toute seule. Je ne sais pas de combien. Mais elle, elle l'a vu.
CHAPITRE 7Comment ça s'est passé, semaine après semaine
Étrange au début. Le gros orteil est « tenu ». Aucune douleur, mais on sent que quelque chose travaille là où il n'y avait rien.
Le moment où je m'asseyais dans la voiture en soufflant. C'est ce moment-là qui s'est allégé en premier. Je ne sais pas le dire autrement.
C'est le podologue qui me l'a confirmé lors du contrôle suivant. Depuis, je change la bande le dimanche soir et le jeudi. Je n'y pense plus. Et j'ai ressorti une paire de sandales l'été dernier.
Expérience individuelle. Les ressentis et les évolutions varient d'une personne à l'autre et ne constituent pas une promesse de résultat.
Bande de maintien à usage externe. À éviter en cas de plaie, d'infection, d'allergie aux adhésifs, de diabète ou de troubles circulatoires sans avis préalable. En cas de douleur importante, d'aggravation ou de doute, consultez un médecin ou un pédicure-podologue.
Les Bandes Correctrices NyroFit — 30 jours
10 bandes pré-découpées. Une bande tient 3 à 5 jours, soit environ un mois d'utilisation.
- Pré-découpées : rien à tailler
- Se portent dans la chaussure, en marchant
- 3 coloris dont une version couleur peau
- Cadeau inclus : patchs anti-douleur aux plantes + guide pratique
Composition de l'offre, prix et disponibilité donnés à titre informatif : la fiche produit fait foi.
J'avais exactement le même réflexe que dans l'article : écarteur le soir, rien la journée. Le fait que ça reste dans la chaussure, c'est ça qui change tout pour moi.
Tenue impeccable, j'ai fait 4 jours avec la même bande, douches comprises. Petit temps d'adaptation pour poser droit, la deuxième fois c'était bon.
Honnête : ça ne fait pas partir la bosse du jour au lendemain. Par contre ça n'empire plus, et je finis mes journées de boulot moins cassée. Je reprends.
La couleur peau ne se voit pas du tout sous les chaussettes. J'ai commandé pour ma sœur aussi.
La phrase du kiné m'a fait un choc. Ça fait six ans que je mets mon écarteur tous les soirs et que je me demande pourquoi ça ne bouge pas. Six ans.
Je ne l'ai pas pris comme un reproche envers moi, et vous ne devriez pas non plus. On fait avec ce qu'on nous dit.
Question bête : ça tient avec des chaussures de sécurité ? Je suis sur du carrelage 9 h par jour.
Chez moi oui, avec des derbies fermées assez serrées. La bande est fine, elle ne fait pas d'épaisseur.
Merci d'avoir écrit que la bosse ne part pas d'un coup. Moi ce que je veux, c'est juste que ça arrête de grossir.
Moi c'est le « je retirais la chose, pas le problème » qui m'a eue. J'ai trois paires au placard que je n'arrive pas à donner.